RENFORCER LES CAPACITÉS DES ACTEURS LOCAUX AU SERVICE D’UNE FORESTIÈRE COMMUNAUTAIRE DURABLE.
Makanza, province de l’Équateur Dans le cadre de la mise en œuvre du projet SECOTEQ (Sécurisation Communautaire des Écosystèmes des Tourbières), le Groupe d’Action pour Sauver l’Homme et son Environnement (GASHE), avec l’appui de ses partenaires Rainforest Foundation Norway (RFN) et de Rainforest Trust (RFT)RFN et RFT, a organisé à Makanza une activité de renforcement des capacités réunissant Les autorités politico-administratives. (APA) des secteurs de Bangala, Mweku et Ndobo 1, les APA du territoire, les chefs coutumiers de six groupements, les autres acteurs ainsi que les représentants des communautés locales.

Cette activité intervient dans un contexte où plusieurs communautés locales accompagnées dans le cadre du projet ont obtenu la sécurisation de leurs espaces forestiers à travers l’attribution des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL). Cette nouvelle étape ouvre la voie à une gestion plus organisée des ressources forestières et nécessite une implication active des différents acteurs locaux afin d’assurer un accompagnement efficace des communautés.
Pendant plusieurs jours, les participants ont été sensibilisés et renforcés sur différents aspects de la foresterie communautaire, notamment l’Arrêté n°025, les modalités organisationnelles dans la CFCL, élaboration et approbation du plan simple de gestion, , les conditions d’exploitation dans une CFCL ainsi que de la mise en commun de deux CFCL. Les échanges ont également porté sur l’exploitation durable des ressources forestières, la conservation de la nature, la protection des tourbières, les services environnementaux, la bonne gouvernance, diversité et inclusion dans la gestion de CFCL et le développement communautaire.
L’atelier a également accordé une attention particulière à laProtection contre l’Exploitation, les Abus et le Harcèlement Sexuels (PSEAH). Les participants ont été sensibilisés aux comportements interdits, aux situations présentant des risques ainsi qu’aux responsabilités de chacun dans la prévention et la lutte contre ces pratiques. Cette session a notamment insisté sur la nécessité de promouvoir un environnement fondé sur la dignité, le respect, la sécurité, la confidentialité et la tolérance zéro à l’égard de toute forme d’exploitation, d’abus ou de harcèlement sexuel.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées afin de renforcer la prévention et la protection au sein des communautés. Il a notamment été recommandé de mettre à leur disposition des mécanismes de signalement accessibles, sûrs et confidentiels, de renforcer les capacités des personnes chargées de recevoir les plaintes et signalements et de garantir la protection des personnes qui signalent des incidents contre toute forme de représailles. Les participants ont également recommandé d’intégrer systématiquement les messages de PSEAH dans les activités communautaires et les formations, de développer des supports de sensibilisation adaptés au contexte local et d’assurer un suivi régulier des engagements pris lors de l’atelier.
Ces recommandations viennent ainsi renforcer la démarche engagée par GASHE en faveur d’un environnement d’intervention fondé sur le respect, la dignité, la responsabilité et la protection des communautés accompagnées.

Les travaux pratiques et les échanges entre participants ont permis de favoriser le partage d’expériences et de connaissances sur les réalités de la gestion communautaire des forêts. Cette approche a également créé un espace de dialogue entre les APA locales, les autorités coutumières et les représentants des communautés autour des enjeux liés à la gestion des ressources naturelles.
La participation des chefs coutumiers et des représentants des communautés locales a donné une dimension particulière à cette activité. Leur implication contribue à renforcer la compréhension commune des responsabilités de chaque acteur et à favoriser une participation plus effective des communautés dans les décisions relatives à la gestion de leurs ressources forestières.
Pour les APA des secteurs de Bongale, Mweku et Ndobo 1, ainsi que pour les APA du territoire, le renforcement des capacités constitue un moyen de mieux accompagner les communautés dans les différentes étapes de la foresterie communautaire. Ces acteurs de proximité sont appelés à jouer un rôle important dans la circulation de l’information, la sensibilisation, l’accompagnement des communautés et le dialogue entre les différentes parties prenantes.
L’activité avait également permis d’aborder le processus d’élaboration des Plans Simples de Gestion, notamment à travers les activités préparatoires menées auprès des communautés de Mabembe et Mbenga. Cette démarche permet de rapprocher les connaissances acquises des réalités vécues sur le terrain et de favoriser une meilleure appropriation des outils de gestion par les communautés.
La participation des communautés dans la gestion de leurs ressources naturelles est essentielle pour assurer la pérennité des initiatives de foresterie communautaire. Lorsqu’elles disposent des informations, des connaissances et de l’accompagnement nécessaires, elles sont mieux placées pour contribuer à la protection de leurs forêts tout en valorisant durablement les ressources dont elles dépendent.
Cette dynamique peut contribuer à des effets positifs sur la biodiversité, l’économie locale et la résilience des communautés face aux défis environnementaux. Elle repose également sur une collaboration étroite entre les communautés, les autorités coutumières, les APA et les autres acteurs locaux.
Renforcer les capacités des APA locales et des acteurs impliqués dans la foresterie communautaire, c’est investir dans l’avenir durable de nos communautés et de nos forêts. À Makanza, cette initiative contribue à créer un cadre favorable à une gouvernance locale plus efficace, fondée sur la participation, la collaboration et le partage des connaissances pour un développement harmonieux des communautés et de leurs territoires forestiers.
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