RDC: EXPLOITATION FORESTIÈRE ILLÉGALE EN ÉQUATEUR — GASHE SOUTIENT LE PLAIDOYER DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET APPELLE À DES MESURES URGENTES
DECLARATION DE GASHE
L’organisation GASHE, engagée dans la défense des droits des communautés locales et la promotion d’une gouvernance forestière responsable, exprime sa vive préoccupation face aux informations faisant état de la poursuite d’activités d’exploitation forestière attribuées à la société COKIBAFODE dans le territoire de Bolomba, province de l’Équateur, en dépit de la résiliation officielle de ses titres de concession.

Selon des éléments documentés par la Société civile de l’Équateur et relayés par Kilalo Press (Source : https://kilalopress.net/actualites/rdc-en-equateur-une-foret-livree-aux-tronconneuses-malgre-une-decision-de-letat-cokibafode-mise-en-cause-un-mort-des-preuves-et-une-question-qui-derange-qui-laisse-fai/), les concessions forestières CCF 001/20 et 002/20, résiliés par arrêté ministériel du 26 janvier 2024, continueraient d’être exploitées dans plusieurs localités du secteur de Losanganya.
La note de plaidoyer de la Société civile met en évidence des faits particulièrement préoccupants, notamment :
L’absence de permis de coupe valide ;
Le non-respect des normes techniques forestières ;
L’exploitation de ressources forestières en violation d’une décision administrative exécutoire ;
Ainsi que le recours à une main-d’œuvre sans contrat formel ;
Au-delà de ces violations présumées, GASHE déplore profondément le décès de Monsieur MUTABA MUYALA Jean-Pierre, survenu le 5 avril 2026 à la suite d’un accident lié à une opération de coupe de bois. Ce drame humain illustre de manière tragique les conséquences directes de l’exploitation illégale sur la sécurité et les droits fondamentaux des communautés locales.
GASHE considère que la persistance de ces activités, malgré une décision officielle de résiliation, constitue une atteinte grave à l’autorité de l’État, fragilise la gouvernance forestière et crée un précédent dangereux dans le secteur des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
Face à la gravité des faits, GASHE appuie pleinement les recommandations formulées par la Société civile de l’Équateur et appelle les autorités compétentes à prendre sans délai des mesures fermes et exemplaires, notamment :
La cessation immédiate de toute activité de la société COKIBAFODE dans les zones concernées ;
Le déploiement d’une mission officielle de vérification sur le terrain ;
La saisie et la mise sous séquestre des produits issus de l’exploitation contestée ;
L’ouverture d’une enquête judiciaire sur le décès enregistré et sur la poursuite des activités illégales ;
L’identification et la poursuite de toute responsabilité ou complicité éventuelle ;
Ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle forestier et de protection des communautés locales.
GASHE appelle également à une action rapide, transparente et coordonnée des autorités nationales et provinciales afin de restaurer l’État de droit, prévenir de nouveaux drames et garantir une gestion durable et équitable des ressources forestières.
Dans un contexte où la République démocratique du Congo joue un rôle stratégique dans la protection du bassin du Congo, cette situation constitue un test majeur de crédibilité pour les engagements du pays en matière de gouvernance environnementale et de respect des droits humains.
